17 mars 2009

Sacrer Bashung

La mort, radicale, imprévue, sans retour possible, la mort qui nous attend nous remplit d'effroi, d'attente, d'inconscience.
Surtout... faire comme si tout continuerait toujours
Alors quand elle arrive  on se réveille du rêve...
Il y a eu pour Bashung ces mois héroïques où l'on ne voulait pas croire qu'il en mourrait tout en sachant qu'il ne s'en relèverait pas (sans se l'avouer tant le tabou est puissant)
Il y a eu cette illusion, et puis, aux victoires de la musique, l'impression poignante qu'il avait déjà "un pied dans la tombe", qu'il y était presque, avec cette silhouette fragile et la force surprenante de sa voix chantant.
Il y a eu cette image, et puis l'émotion partagée devant cette image par tant d'yeux rivés à l'écran
Il y a eu lui qui ne cachait plus qu'il savait, et qui savourait son reste de vie avec élégance et courage.
Il était presque arrivé là on on crève de peur d'aller, ça en imposait, il avait tombé tous les masques
Il était à la frontière du tabou, du mot qu'on s'interdit, il était déjà sacré, passé de l'autre côté.
Maintenant on pleure sa mort et l'émotion qui jaillit de partout et de toutes sortes de personnes est extrême.
On a vu Bashung chanter sur le seuil,
On se remet mal du choc, on le pleure, et puis aussi on regrette la mort, en général, la future nôtre aussi, bien sûr (mais sans se l'avouer, vous savez bien)
et puis on reprendra nos vies, comme si cela continuerait toujours.

Posté par vera goude à 23:32 - Commentaires [0] - Permalien [#]


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